04 octobre 2013

Aux sources de la géologie moderne

Huit étudiants remontent le temps lors d'une excursion géologique en Écosse

Une pause à Dunnottar Castle, près de Stonehaven. De gauche à droite, Philippe Drouin, Frédéric Lessard, Sandra Veillette, Pierre-Hugues Lamirande, Hubert Michaud, Audrey Goulet, Réjean Hébert, Janie Bernard-Thibault et Émilie Gosselin.

Du 17 au 30 août, huit étudiants du Département de géologie et de génie géologique, accompagnés par le professeur Réjean Hébert et cinq professionnels de l'industrie minérale, ont eu la chance d'étudier la géologie de l'Écosse à l’occasion d'un cours d'été.

Pourquoi cette région plutôt qu’une autre? La diversité des phénomènes géologiques qui embrassent plusieurs disciplines des sciences de la Terre, la gamme étendue d’âges géologiques allant jusqu’à 3,2 milliards d’années et le territoire couvrant une superficie relativement restreinte, sans compter des paysages à couper le souffle, en font une destination de choix pour un voyage d’études.

Cette excursion s’est avérée une occasion unique de pouvoir faire des parallèles entre certaines formations géologiques de l’Écosse et des roches appalachiennes du sud-est du Québec. En effet, ces deux régions du monde étaient reliées géologiquement pendant près de 500 millions d'années avant de se séparer au Tertiaire (il y a 65 millions d'années). Une partie des structures et des roches dans les Highlands et les Midlands écossais correspond à la même période structurale que celle des Appalaches de l'est de l'Amérique du Nord. Les membres du groupe ont pu ainsi constater de leurs propres yeux que la dérive des continents n’est pas uniquement une théorie! 
Le périple de plus de 1500 kilomètres de routes sinueuses leur a permis de parcourir une vingtaine de sites couvrant des phénomènes géologiques étalés sur trois milliards d'années. Ils ont pu observer, entre autres, du gneiss lewisien datant d’au moins 2,7 milliards d’années ainsi que des glissements de terrain, tel le fameux Quiraing, laissés par la dernière glaciation il y a moins de 12 000 ans. 

Les excursionnistes ont également examiné des formations rocheuses qui avaient suscité beaucoup de questionnement chez les géologues. En effet, il peut être difficile de comprendre comment des roches anciennes peuvent se retrouver au-dessus de roches plus jeunes. Le groupe a eu la possibilité d'admirer à Knockan Crag des roches métamorphiques du Protérozoïque (542-2500 millions d’années) reposant sur des roches sédimentaires peu métamorphisées du Cambro-Ordovicien (440-542 millions d’années). 

Le groupe s'est également arrêté à Siccar Point, un promontoire rocheux situé sur la côte est de l'Écosse qui a marqué l'histoire de la géologie. Les observations faites sur ce site par James Hutton (1726-1797), considéré comme le père de la géologie moderne, lui ont servi à appuyer sa théorie selon laquelle la Terre était plus vieille que ce que ses confrères pensaient à l'époque. Les étudiants ont appris qu’il est parfois difficile de faire accepter des théories qui forcent une révolution du mode de pensée et d’appréhension du monde. 

Outre des connaissances et des souvenirs photographiques, les étudiants ont rapporté quelques échantillons de roches qu'ils exposeront dans une vitrine au musée géologique René-Bureau de l'Université Laval, situé au 4e étage du pavillon Adrien-Pouliot.

Article d'Audrey Goulet, Le Fil

 

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